Magazine / Nouveau Projet 01 / Capitalisme

Occupation double

Depuis la crise financière de 2008, nombre d’ouvrages ont été publiés pour tenter d’en expliquer les impacts sur l’ensemble du capitalisme mondial. Du lot, trois annoncent la fin du capitalisme tel qu’on l’a connu, voire son anéantissement complet.

Ianik Marcil Nouveau Projet 01

Occupation double

Considéré dans ce texte: 23 Things They Don’t Tell You About Capitalism, par Ha-Joon Chang. The New Capitalist Manifesto, par Umair Haque. Le capitalisme à l’agonie, par Paul Jorion. La financiarisation de l’économie. Occupy Wall Street. La Grande Dépression et la Grande Récession. Marx, Keynes et les autres. La nécessaire redéfinition radicale de l’économie en particulier et du vivre-ensemble en général.

Extrait

Les manifestants des mouvements Occupy ne désirent qu’une chose: que la possibilité d’un monde meilleur ne soit pas qu’un slogan marketing ou politique mais une idée réalisable. Notre cul-de-sac actuel ne s’illustre pas tant par les écarts grandissants de richesse—qui sont réels et documentés—que par l’étiolement constant et en apparence inexorable de notre capacité à améliorer notre sort. La mobilité sociale (c’est-à-dire la probabilité de pouvoir passer à un niveau supérieur de revenus) n’a jamais été aussi basse aux États-Unis, depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les occupants de notre économie s’enrichissent, semblent tenir les rênes du futur de la société et de ses membres, tandis que les autres occupants, les indignés, hurlent bien confusément leur désir de retrouver un peu de contrôle sur la marche du monde et de l’Histoire. En appeler à un vague idéal humaniste, régulationniste ou encore à la bonne volonté des dirigeants économiques risquerait de nous faire tomber de Charybde en Scylla: les forces «variées et colossales» du capitalisme, Marx l’avait bien vu, n’ont que faire des bons sentiments et des idéaux humanistes; il y a fort à parier qu’elles utiliseront de toutes les façons ces idéaux à leurs seules fins en empirant encore davantage les choses. Seule une redéfinition radicale du vivre-ensemble, du politique, permettra de les mettre au bénéfice du développement humain. En ce début de 21e siècle, ce projet, toutefois, n’est pas encore entrepris. — Fin de l'extrait

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