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Croire en la démocratie, au-delà du populisme

Élection de Donald Trump, Brexit, montée de partis xénophobes un peu partout en Occident: ces phénomènes récents en amènent plusieurs à remettre en question la capacité même des électeurs à faire les «bons» choix. La démocratie est-elle malade du peuple?

Gabriel Nadeau-Dubois Nouveau Projet 11

Croire en la démocratie, au-delà du populisme

Considéré dans ce texte: La démagogie. Les conséquences de 40 ans de néolibéralisme. L’élection de Donald Trump et la campagne de Bernie Sanders. La supposée ère postfactuelle. La force de l’action collective et sa nécessité.

Extrait

Le 2 octobre 2015, le titre de la chronique hebdomadaire de Dana Milbank dans le Washington Post prenait la forme d’un pari: «Trump va perdre, ou je mangerai cette chronique.» Face à l’accumulation de scandales sexuels comme financiers, à la multiplication des erreurs de communication et à la mise au jour de sévères divisions internes, le chroniqueur était convaincu—comme tout le monde dans les milieux branchés et progressistes—que la candidature de Trump à la primaire républicaine était aussi factice que son bronzage. Aussi vive que soit leur colère contre la classe politique traditionnelle, les électeurs de la droite ne voteraient jamais pour un bigot misogyne, écrivait-il en professant sa foi à l’égard du pragmatisme de l’électorat: «Ils n’ont aucune envie d’élire un perdant assuré. Et c’est ce que Trump est.» En mai 2016, Trump remportait haut la main la nomination républicaine, et le chroniqueur mangeait une copie de son article dans une capsule vidéo humoristique. Une franche rigolade. Avec le recul, les pitreries de Milbank sont un peu moins drôles, mais elles permettent de prendre la mesure du fossé qui sépare l’élite politicomédiatique de la classe moyenne américaine. Depuis la funeste soirée du 8 novembre 2016, journalistes, stratèges et commentateurs progressistes—bref, tous ceux qui se sont trompés—cherchent à comprendre pourquoi. Qu’un pays du «tiers-monde» élise un mégalomane narcissique et autoritaire est presque dans l’ordre des choses, mais comment expliquer que cela se produise dans la plus grande «république» au monde? La démocratie serait-elle en train de défaillir? Si oui, pourquoi? — Fin de l'extrait

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