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Cinq postures pour accueillir l’impermanence des villes

Et si l’urbanisme ne consistait pas simplement à remplacer le vieux par du neuf? Marie-Sophie Banville nous propose une vision radicalement différente de la gestion des bâtiments et des infrastructures, fondée sur l’acceptation du temps qui passe et de l’usure des matériaux.

Marie-Sophie Banville Nouveau Projet 13

Cinq postures pour accueillir l’impermanence des villes

Préserver, restaurer ou démolir? Voilà comment s’articulent souvent les débats sur les bâtiments historiques: trois options qui en disent long sur notre rapport à la décrépitude. Il est pourtant possible de développer une autre approche, inspirée du wabi-sabi japonais.

Extrait

1. La contemplation: Commencez par contempler les espaces, même discrets, tombés en déshérence. Partez du principe qu’un lieu abandonné n’est jamais vide. Observez par exemple un immeuble ou un gradin oublié sur l’ile Notre-Dame, reliquats d’Expo 67. Les différents pavillons témoignent d’une époque glorieuse où Montréal prenait son envol. Ils peuvent aussi vous inspirer un dialogue intérieur—infiniment actuel—sur l’état de nos grandes utopies. Laissez davantage l’espace vous émouvoir et vous transformer, sans désir d’intervention. 2. L’accompagnement: Envisagez une posture plutôt rare en design: l’accompagnement d’un bâtiment ou d’un lieu dans sa ruine. Détruite lors des bombardements de la Deuxième Guerre mondiale, l’église Kaiser Wilhen, au coeur de Berlin, a été maintenue dans son état d’effondrement comme un puissant symbole de cette époque douloureuse. Ironiquement, des citoyens se sont récemment mobilisés afin de préserver son état «original» de ruine, qui s’était aggravé au fil du temps. — Fin de l'extrait

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