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Parler pour parler

«Fait pas beau, hein?»: les commentaires sur le temps qu’il fait, et le bavardage en général, font partie intégrante de la vie en société, sans doute depuis toujours. Pourtant, le bavardage ne jouit pas d’un statut très enviable. Pourquoi éprouvons-nous ce besoin d’échanger des banalités? Devrions-nous essayer de les éviter? Et que penser du bavardage propre aux communications modernes?

Dora Zhang Nouveau Projet 01

Parler pour parler

Considéré dans ce texte: Le bavardage. Ce que cela veut dire, au fond, quand on parle de la météo. L’art subtil de devenir un homme du monde et un gentilhomme. Twitter, Facebook et compagnie. La valorisation du silence dans la tradition philosophique. Les chaines d’information continue et leur propension à la redite. Notre solitude fondamentale.

Extrait

Si parler de la pluie et du beau temps est une malheureuse nécessité avec des inconnus, le faire avec des gens de notre connaissance suggère que l’on n’a rien à dire à ces personnes. Pourtant, si le bavardage n’est composé que de propos oiseux, insignifiants et sans objet, il constitue une partie substantielle des échanges qui ont lieu en couple, entre amis et (voire surtout) en famille. La banalité, cependant, n’est pas toujours insignifiante. Il n’y a rien de spectaculaire, le plus souvent, dans le fait d’avoir manqué l’autobus, d’avoir mangé un sandwich pour diner ou de s’être acheté une nouvelle robe, mais ce sont là les menus propos qui, le plus souvent, s’échangent entre intimes. En fait, on peut supposer que ces conversations triviales se tiennent exclusivement avec ceux qui nous sont proches—car qui, en dehors de notre cercle intime, se permet-on d’accabler du récit détaillé de nos journées? — Fin de l'extrait

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Numéro courant
Nouveau Projet 20

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