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La force toxique du langage

Selon Jonathan Franzen, il n’y a que deux types de livres: les œuvres difficiles et les œuvres accessibles. Si cette schématisation parait réductrice, le débat qu’elle soulève n’en demeure pas moins pertinent. Quelle utilité y a-t-il à offrir aux lecteurs des œuvres dites complexes? L’écrivain américain Ben Marcus, dont l’œuvre tout entière est traversée par cette question, participe au débat et prouve du même coup la valeur d'une littérature qui prend le langage au sérieux.

Laurence Côté-Fournier Nouveau Projet 02

La force toxique du langage

Considéré dans ce texte: Ben Marcus et les lettres américaines. La propension qu’ont les auteurs à terroriser la population avec des œuvres expérimentales. Jonathan Franzen. Le Book Club d’Oprah. La normalité. La nécessité d’un langage commun.

Extrait

Jonathan Franzen est un écrivain pontifiant qui joue au défenseur de l’industrie littéraire. C’est un être avide de célébrité et sans empathie, incapable de comprendre les croyances des autres. Surtout, l’auteur de Freedom, nerveux à l’idée de perdre son public au profit de formes de divertissement plus excitantes comme le cinéma ou le paintball, est prêt à toutes les concessions pour plaire à ses lecteurs. Voilà comment Ben Marcus dépeint un des prétendants au trône du royaume des lettres américaines dans un article paru en 2005 dans Harper’s Magazine («Why experimental fiction threatens to destroy publishing, Jonathan Franzen, and life as we know it. A correction»). Marcus est alors pratiquement inconnu hors de cercles littéraires restreints. Pourquoi cette attaque virulente? — Fin de l'extrait

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Nouveau Projet 14

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