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Le rire jaune de l’université

Depuis 2013, un professeur de McGill distille sur les réseaux sociaux des blagues pour universitaires au bord de la crise de nerfs. Ressorts cathartiques pour rire des tensions qui traversent ce milieu, les publications de «Shit Academics Say» en disent aussi long sur les mutations du travail, en général.

Julien Lefort-Favreau Nouveau Projet 12

Le rire jaune de l’université

L’humour universitaire. Les blagues d’initiés comme soupape de décompression. Les relations de pouvoir sur les campus. La solitude du chercheur de fond. L’aliénation du travail intellectuel dans une société capitaliste postindustrielle.

Extrait

Cet humour très référentiel (et parfois rapidement périmé) est assez caractéristique des réseaux sociaux en général, lieux où l’on s’adresse à un public suffisamment homogène pour présumer que celui-ci comprend les codes en question. Mais si Hall puise aussi à l’extérieur de l’université, il s’adresse néanmoins de manière très cryptée à des contemporains qui partagent ses problèmes quotidiens. Tout l’intérêt, ici, c’est que la blague «spécialisé », pour un public « spécifique », finit par rejoindre plus d’un quart de million de personnes. Soit les universitaires sont nombreux à procrastiner (une hypothèse somme toute vraisemblable), soit des gens hors de l’université lisent ces blagues (on peut raisonnablement en douter). — Fin de l'extrait

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Nouveau Projet 13

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