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Je suis un Montréalais du Bas-du-Fleuve

Pourquoi devons-nous fabriquer du commun?

Hugo Latulippe Nouveau Projet 14

Je suis un Montréalais du Bas-du-Fleuve

Au sein du dossier «Le Québec conscient», Hugo Latulippe, cinéaste, producteur et auteur, s'interroge sur les valeurs qui rassemblent tous les Québécois, qu’ils viennent de ville ou de région.

Extrait

La campagne québécoise, elle, est peuplée d’anciens urbains. J’habite maintenant le Bas-du-Fleuve à temps plein et la plupart de mes amis ont vécu, travaillé, étudié à Montréal ou à Québec. Puisque nous sommes un pays d’immigration, puisque nous sommes de plus en plus universitaires et de plus en plus nombreux à travailler dans le secteur tertiaire, ce phénomène ira en s’amplifiant. Comme tous les peuples du Nord, comme tous les peuples de la postmodernité, nous nous déplacerons de plus en plus au cours de nos vies. Notamment grâce aux moyens de communication, nous travaillerons de plus en plus depuis l’hinterland. Nous serons des métis, nous serons multiples, nous serons hybridés. On dit que la génération de mes enfants changera de métier, de territoire, de vie, d’amoureux, de vocation, voire de sexe quatre fois durant son existence. C’est parfait. L’homogénéité m’angoisse terriblement. Je ne me sens jamais autant chez moi, en sécurité, parmi les miens, que lorsque je suis entouré d’altérité. Je dirais que j’appartiens également et fièrement à Montréal et au Bas-du-Fleuve. Ces deux manières d’être, ces deux qualités de vie, ces deux quotidiennetés, je les marie. Pour moi, le Québec, c’est autant le Punjab Palace de Parc-Ex où je baragouine l’ourdou pour commander un dahl que la fosse aux bélougas entre le Gros Cacouna et la pointe ouest de l’Île Verte. Ma fierté de Québécois tient autant au malstrom de Côte-des-Neiges qu’à Fred Pellerin. Et je n’ai pas l’intention de choisir. — Fin de l'extrait

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