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L’école des parents heureux

Près du quart des écoles alternatives au Québec ont été créées dans les deux dernières années. Que révèle la popularité croissante de ce modèle éducatif sur la nouvelle génération qui y envoie ses enfants?

Anne-Marie Auger Nouveau Projet 14

L’école des parents heureux

Considéré dans ce commentaire: L’odeur des muffins frais. Les modèles pédagogiques. Les clôtures Frost et les dossards orange. Le privilège de choisir. La rigidité du système. L’implication des parents ou le luxe de pouvoir peindre un décor de théâtre, un mardi après-midi.

Extrait

La pédagogie alternative reste encore marginale au Québec: seulement 1,28% des élèves fréquentent une école de ce type (ou une «option» proposée à l’intérieur d’une école ordinaire). Le constat d’une popularité croissante fait néanmoins consensus. À la rentrée 2017, le Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (RÉPAQ) comptait dans ses rangs 42 écoles, dont près du quart avaient été créées ces deux dernières années, et plusieurs projets sont actuellement en chantier à Montréal, comme partout ailleurs au Québec. Il faut noter que ce regain de popularité advient après un long plateau: si le courant des écoles alternatives a été très présent au Québec dans les années 1970 et 80, la CSDM n’avait pas reçu de demande d’ouverture depuis 25 ans. Près d’un demi-siècle après l’inauguration de l’école Jonathan, à Montréal, la première en son genre dans la province, le modèle vit une nouvelle effervescence et les listes d’attente débordent. Comment expliquer cela? Au Québec, l’étiquette alternative chapeaute une grande variété de modèles qui suivent de façon plus ou moins orthodoxe les préceptes des grands noms de l’éducation alternative: Freinet, Montessori, Waldorf, etc. Sans remettre en question le bienfondé de l’école, beaucoup de ces penseurs en ont critiqué la rigidité et proposé de nouvelles philosophies qui accordaient davantage d’importance aux arts, à la nature et à l’engagement des élèves et de leurs parents. Dans leur application quotidienne, ces principes pédagogiques prennent plusieurs formes. Entre les environnements très étudiés (avec meubles en bois et plateaux de manipulation) des classes Montessori, le pragmatique «learning by doing» de John Dewey et l’approche nettement plus spirituelle, tournée vers le rythme des saisons, des écoles Waldorf, il existe tout un monde. Prenant leurs distances par rapport à ces approches, plusieurs établissements scolaires québécois préfèrent simplement adhérer à une pédagogie «par projet». Dans cette version «allégée», les apprentissages sont guidés par la réalisation d’une production concrète. Par exemple, pour un projet de recherche sur les animaux nocturnes, un enfant de première année devra tracer des graphiques, distinguer des empreintes dans la neige et découvrir de nouveaux mots de vocabulaire. Sa mère, elle, devra apprendre à dessiner une martre d’Amérique à l’échelle, un mardi soir. — Fin de l'extrait

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