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Nouvelles d’une ville sans sommeil

Adrienne Surprenant et Brenna Daldorph sont allés à la rencontre des Centrafricains, livrés à eux-même et au traumatisme de la lutte armée depuis plus de cinq années. Un photoreportage poignant et angoissant, comme une plongée au cœur de la nuit.

Adrienne Surprenant & Brenna Daldorph Nouveau Projet 14

Nouvelles d’une ville sans sommeil

Depuis 2013, la République centrafricaine est le théâtre d’un conflit sanglant. Des centaines de personnes sont mortes, des milliers d’autres ont été blessées. L’ouverture du premier programme universitaire de psychologie du pays marque un pas vers le traitement des traumatismes psychiques, jusqu’ici ignorés.

Extrait

Quand Tatiana s’est inscrite au programme universitaire mis en place en 2014, elle connaissait déjà le syndrome de stress posttraumatique: elle l’a vécu. Elle pratique d’abord ses leçons sur sa propre famille. Au début de la crise, elle habitait le quartier Fatima, qui borde le Pk5, un faubourg musulman enclavé. En novembre 2013, elle était chez elle quand des coups de feu ont percé l’air humide. Tatiana les a entendus, mais n’y a pas accordé trop d’importance: depuis plusieurs mois, les affrontements et les braquages faisaient partie de son quotidien. Quand les bruits se sont rapprochés, elle s’est inquiétée. Et soudain, sa maison a été encerclée, prise d’assaut par des voisins, des garçons qu’elle reconnaissait—les amis de son fils ainé—, et des inconnus armés. «On n’a jamais eu de conflits entre voisins chrétiens et musulmans. Je leur ai expliqué ça. Ils me regardaient. Je me disais qu’eux-mêmes, ils ne comprenaient pas. Ils ne savaient même pas pourquoi ils faisaient ça. J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’enfants. Ils devaient être sous l’effet de la drogue. Parce qu’ils avaient des regards… » — Fin de l'extrait

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