Magazine / Nouveau Projet 14 / Dossier le Québec conscient

Réalités parallèles

Les femmes autochtones peuvent-elles espérer un avenir meilleur?

Annie O’Bomsawin-Bégin Nouveau Projet 14

Réalités parallèles

Considéré dans ce texte du dossier «Le Québec conscient»: le féminisme autochtone. Les silences de l’université. Le cloisonnement des luttes. Le 2,3%. L’invisibilisation. Biche Pensive, Shehaweh et le syndrome Braveheart.

Extrait

Selon le recensement 2016 de Statistique Canada, les Autochtones représentent 2,3% de la population québécoise. Mais est-ce suffisant pour expliquer que nous sommes moins présents dans l’espace public québécois que nous le sommes dans les autres provinces et territoires où nous sommes plus nombreux? La majeure partie de la population québécoise n’a entendu parler des Premières Nations, des Métis et des Inuits que dans les cours d’histoire, ce qui entretient l’idée que nous n’appartenons qu’au passé (certaines personnes m’ont déjà avoué qu’elles pensaient qu’il n’existait plus d’Autochtones). Nous apparaissons dans les médias quand, lassés que nos doléances ne soient pas entendues, nous décidons de prendre des mesures qui dérangent. Nous existons dans l’espace public quand nous bloquons ponts et routes pour protéger le territoire de catastrophes environnementales, quand nous dénonçons les violations de nos droits fondamentaux ou que nous nous opposons à ce qu’un terrain de golf soit agrandi au détriment de l’un de nos cimetières. Évoquer ces luttes sans tenter d’expliquer leur nature ou leurs origines contribue à entretenir la méconnaissance, voire un certain racisme: on retient surtout les désagréments—les ponts et les routes ont été bloqués. Les médias ne sont produits ni pour ni par les 2,3% de la population. — Fin de l'extrait

Partager
Numéro courant
Nouveau Projet 14

Catégories

Afficher tout +