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Kafka chez les Q’eqchis

GUATEMALA—Des évictions, des viols, un meurtre: la filiale d’une compagnie minière canadienne aurait commis des crimes sordides au Guatemala. Et pour la première fois, une cour canadienne a accepté de juger la responsabilité de l’entreprise. Périple jusqu’aux bords du lac Izabal, où cette histoire a commencé.

Sarah R. Champagne Nouveau Projet 15

Kafka chez les Q’eqchis

Considéré dans ce reportage issu du dossier «Nouvelles de l’étranger»: Le nickel. La violence sexuelle. La guerre civile. Le système judiciaire canadien et l’impunité institutionnalisée. Onze femmes q’eqchies contre les compagnies minières, ou David contre Goliath.

Extrait

Assise devant nous, en compagnie de German et de Margarita Caal Caal, les yeux sur l’enregistreur, Rosa ne craint pas de raconter son histoire. «Ils ont jetée par terre, sur le plancher de ma maison, et ont arraché mes vêtements», dit-elle. «Tout est sur papier de toute façon», finit-elle par dire en q’eqchi, une langue qui tranche les mots de «t» et de «k». Durant l’entrevue, Margarita se lève pour plonger sa main dans une poche de grains de maïs séchés et en sortir une pleine poignée qu’elle plaque sur la table. «C’est pour nos enfants qu’on ne laissera jamais la terre. Nous la cultivons, et elle nous soutient.» Au Guatemala, la distribution—ou plutôt la non-distribution—des terres engendre depuis longtemps de violents conflits territoriaux, et compte parmi les causes de la guerre civile qui a fait rage de 1960 à 1996. Rosa et Margarita font partie d’un collectif de 11 plaignantes qui accusent la minière canadienne Hudbay, propriétaire de Skye Resources, d’être responsable—par négligence—des viols qu’elles ont subis. — Fin de l'extrait

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