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La démocratie mort-née

La démocratie est-elle plus fragile qu’on ne le croit?

Hugo Bonin Nouveau Projet 15

La démocratie mort-née

Considéré dans ce texte: «How Democracies Die», de Steven Levitsky et Daniel Ziblatt. Les «bouncers» de la démocratie. Le côté sombre du mythe américain. Les élites et ceux qu’elles tentent d’exclure du système politique. Maxime Bernier et Doug Ford. Le rôle du peuple.

Extrait

Depuis l’invention du mot démocratie quelque part sur une colline athénienne, il y a plus de 2500 ans, une question tourmente les philosophes: la démocratie est-elle sa pire ennemie? Du fait de sa nature conflictuelle, de l’irrationalité des foules, est-elle condamnée à tomber sous les coups du premier démagogue venu? Ou, pour dire les choses d’une manière plus contemporaine: vote-t-on toujours pour des caves? Avec l’élection de Donald Trump aux États-Unis et celle de Jair Bolsonaro au Brésil, ce questionnement revient avec force. Chez les intellectuels occidentaux, on s’inquiète. Loin de vivre la «fin de l’Histoire» promise par le politologue Francis Fukuyama au début des années 1990, nous assisterions peut-être à la fin du règne de la démocratie libérale. C’est notamment ce qui préoccupe Steven Levitsky et Daniel Ziblatt, deux professeurs de science politique à Harvard et auteurs de «How Democracies Die», paru en janvier 2018. Bestseller aux États-Unis et ouvrage particulièrement apprécié en Allemagne et au Brésil (deux pays pour lesquels «c’est compliqué» la démocratie), ce livre, comme son sujet, fait jaser. Sa thèse n’est pas nouvelle mais s’avère d’une actualité indéniable. En effet, Levitsky et Ziblatt avancent que, contrairement à la croyance populaire, les démocraties ne meurent pas (ou plus) à la suite de violents coups d’État, mais par un renversement progressif des règles démocratiques. — Fin de l'extrait

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