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La marginalité féconde du Wu-Tang Clan

Un quart de siècle après la parution d’«Enter the Wu-Tang (36 Chambers)», quels enseignements philosophiques peut-on tirer du célèbre groupe de hip-hop?

Jérémie McEwen Nouveau Projet 15

La marginalité féconde du Wu-Tang Clan

Considéré dans ce texte: Les 25 ans d’«Enter the Wu-Tang (36 Chambers)». Les films de kungfu. Staten Island. Les essais de RZA et le taoïsme. Les styles de combat. La mélancolie du hip-hop.

Extrait

Pour comprendre la mythologie du Wu-Tang, il faut d’abord écouter le film «The 36th Chamber of Shaolin» (ou «The Master Killer»), une épopée kungfu de 1978 dont le chef spirituel du groupe, RZA (prononcé rè-za, c’est-à-dire affuté comme un rasoir), fait la source d’inspiration pour tout ce qu’incarne son clan. Il raconte dans «The Wu-Tang Manual» (2005) et «The Tao of Wu» (2009) qu’après leurs soirées à Manhattan, avant d’aller prendre le traversier du matin, son ami Ol’ Dirty et lui tuaient le temps aux cinémas pornos de la 42e Rue, qui était bien moins aseptisée, je le rappelle, avant le passage du maire Rudy Giuliani. Après les pornos, la salle diffusait des films de kungfu. Ivre mort, Ol’ Dirty s’endormait, mais RZA prenait des notes. Dans «The 36th Chamber of Shaolin», un jeune homme joué par Gordon Liu entre au temple des moines Shaolin pour apprendre le kungfu. Son plan est ensuite d’enseigner cet art aux masses pour qu’elles se soulèvent contre le gouvernement manchu oppressif. Le seul problème est que les moines Shaolin n’ont aucune volonté de démocratiser leur art et leurs enseignements, constitués de 35 chambres d’entrainement. Le personnage incarné par Liu décide de sortir cette connaissance de sa tour d’ivoire en créant une 36e chambre symbolique: la démocratisation de l’art du kungfu. Ce scénario aide à comprendre l’angle d’attaque du Wu-Tang Clan sur son premier album. — Fin de l'extrait

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