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La propriété, en cinq variations

Occuper l’espace, louer pour un siècle, habiter les lieux, définir des communs à partager ou déambuler le long des chemins: cinq façons originales de repenser notre relation au territoire.

Marie-Sophie Banville Nouveau Projet 15

La propriété, en cinq variations

La propriété privée est une lorgnette étroite par laquelle nous abordons le rapport à la terre. L’urbaniste Marie-Sophie Banville nous rappelle que d’autres manières de considérer l’espace sont pourtant possibles.

Extrait

1. Occuper—Au cours des années 1970, le quartier new-yorkais du Lower East Side est tombé en disgrâce immobilière et des dizaines de bâtiments vacants ont été pris d’assaut par des squatteurs. Vingt ans plus tard, face à des menaces d’expulsion insistantes, certains ont tenté la carte de la possession adversative. Il s’agit d’un droit de propriété pouvant être acquis par l’occupation continue et ouverte d’un lieu, au su du propriétaire, pendant un minimum d’années prévu par la loi. Pour empêcher ces procédures d’aboutir, le maire Giuliani—voulant éviter un précédent—a finalement légalisé une dizaine d’entre eux par un transfert de propriété à une entité publique. Au Québec, le recours à la prescription acquisitive (son petit nom, dans le Code civil) sert généralement à régler des chicanes de clôtures qui empiètent sur le terrain du voisin et autres psychodrames suburbains. Or, une réflexion plus poussée pourrait révéler le potentiel de ce mécanisme légal comme stratégie de lutte contre la prolifération de bâtiments vacants. — Fin de l'extrait

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