Magazine / Nouveau Projet 15 / Dialogue

Les lucioles sous verre

Pour la première édition de cette rubrique, nous avons demandé à Jonathan Livernois et à Ouanessa Younsi d’amorcer une correspondance pour discuter de patrimoine, et de sa signifiance individuelle et collective. Ils ont envisagé le concept à la lumière du passé, de l’amour et de la peur de l’oubli. Extraits choisis.

Jonathan Livernois & Ouanessa Younsi Nouveau Projet 15

Les lucioles sous verre

Dans cette rubrique, nous invitons deux participants à correspondre au sujet d’une question ou d’un concept donné.

Extrait

JL—Je le réalisais alors, à regret: le patrimoine est tout sauf stable, le passé ne passe pas bien et il est souvent trompeur—demande aux gens de Chambly, qui retrouveront bientôt une maison Boileau reconstruite à l’identique. Je réalise que c’est aussi le cas de mon patrimoine à moi, intime, mes histoires, les évènements qui m’ont formé, le cancer que j’ai eu à 13 ans, tout ce qui me dépasse. Je continue de me poser les mêmes questions à propos de mon pays, de ma famille et, je m’en rends compte depuis quelque temps seulement, de moi-même. [...]Qu’est-ce qui est passé, au juste? Qu’est-ce qui a été métabolisé? Qu’est-ce qui a été bradé? Comment le passé finit-il par passer, réellement? OY—Tu évoques dans ta lettre les destructions de moulins et de maisons de patriotes. Comme toi j’ai lu les nouvelles; je m’émeus puis je passe au prochain article. Ce qui me rend parfois perplexe dans cette idée de patrimoine, c’est la conception figée du passé qui s’en dégage, comme si le passé se retrouvait dans un bocal et que je le contemplais à travers une vitre sans pouvoir le toucher. Conception qui m’apparait également intellectuelle, car il me semble que pour vouloir, à la fois individuellement et collectivement, préserver un certain héritage, encore faut-il l’aimer. — Fin de l'extrait

Partager
Numéro courant
Nouveau Projet 15

Catégories

Afficher tout +

À lire aussi

Aucun article