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La vie que nous souhaitons mener

Par leurs assauts toujours plus fréquents contre notre capacité d’attention, les forces de notre époque semblent nous condamner à la distraction et à la superficialité. Les défis colossaux auxquels nous faisons face exigent pourtant que nous arrivions à nous immerger de manière bien plus profonde dans nos pensées, nos relations et nos milieux de vie.

Nicolas Langelier Nouveau Projet 17

La vie que nous souhaitons mener

Considéré dans ce texte sur notre distraction collective: T.S. Eliot et TikTok. Notre combat pour l’espace mental. Le linge sale de Thoreau. Le vide nourrissant. L’action ancrée dans la contemplation.

Extrait

Pendant une période de ma vie, j’ai entretenu le fantasme d’arriver un jour à tracer physiquement ces frontières. Tourner le dos à la civilisation, m’enfoncer dans le bois, couper mes liens avec Hydro-Québec et ce monde fou et désespérant. J’avais lu Walden et m’imaginais qu’il y avait une issue dans une fuite semblable. Mais c’était un rêve juvénile découlant d’une méconnaissance à la fois de mes propres besoins et de ceux du monde. (Ce n’est que plus tard que j’apprendrais qu’à l’étang de Walden, Thoreau ne se trouvait en fait qu’à 20 minutes de marche tranquille de l’animée cité de Concord, où il revenait plusieurs fois par semaine pour voir ses amis, prendre des repas chauds et laisser son linge sale à sa mère.) — Fin de l'extrait

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