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À propos de «Lino Saputo, entrepreneur»

Le Devoir publiait vendredi un article rapportant que c’est une maison d’édition apparentée à Atelier 10, Les Presses de l’Est, qui a publié l’automne dernier Lino Saputo, entrepreneur, et nous souhaitons réagir à ce texte, dans l’esprit de transparence qui a toujours marqué nos communications.

À propos de «Lino Saputo, entrepreneur»

Je l’ai souvent dit, la production de notre contenu de grande qualité—avec les principes et les standards qui s’y rattachent—coute très cher, et un marché comme celui du Québec est trop petit pour le financer à lui seul. Nouveau Projet, par exemple, est toujours déficitaire, malgré son nombre record d’abonnés et d’annonceurs et ses deux titres de magazine de l’année au Canada. 

C’est pourquoi, depuis le début, nous avons cherché à diversifier les revenus d’Atelier 10, afin de permettre la production de ces contenus nécessaires. C’est pour cela que nous avons une boutique, par exemple, ou que nous produisons du contenu pour d’autres organisations (comme le fait aussi Le Devoir, d’ailleurs, et La Presse, le New York Times et bien d’autres organisations médiatiques qui font face à des enjeux similaires). En toute transparence, encore une fois: cela coute près d’un million de dollars par an, produire Nouveau Projet, nos collections DocumentsPièces, etc. Dans notre cas, les subventions gouvernementales ne couvrent que 8% de ce montant. Pour le reste, il faut trouver l’argent ailleurs. 

Il était évident que la publication de la biographie commanditée de Lino Saputo ne cadrait pas dans le programme éditorial d’Atelier 10 et n’était pas de la même nature que nos autres activités. C’est pourquoi le livre a été travaillé et publié sous l’enseigne des Presses de l’Est, mises sur pied pour accueillir ce type de projets plus commerciaux. Le livre a suivi un processus éditorial distinct de celui des textes d’Atelier 10, comme c’est aussi le cas quand nous produisons du contenu pour d’autres organisations. Puisque Lino Saputo, entrepreneur est un livre commandité, le travail des Presses de l’Est a consisté à traduire le texte original (rédigé en anglais), puis à le réviser et à le mettre en page. Comme le précise l’article, la plupart des grands éditeurs québécois produisent ce genre de livre commandité. Par ailleurs, nous ne touchons pas d’argent sur les exemplaires vendus; dès le départ, il avait été décidé que toutes les recettes seront remises à des œuvres de bienfaisance. 

J’aimerais terminer avec la question de la circulation des idées. L’étrange impression qu’on a, à la lecture de l’article, c’est que la publication de la biographie de M. Saputo était en soit quelque chose de mal. Je trouve pour le moins surprenant que Le Devoir considère qu’il n’était pas d’intérêt public que soit publié, pour la première fois, le récit de la vie de l’un des plus grands entrepreneurs et philanthropes au Québec. Il aurait fallu, semble dire l’article, refuser que ce point de vue soit diffusé. Je trouve cela aberrant. Ce livre nourrit la discussion publique autour de la vie et l’oeuvre de Lino Saputo—c’est justement à cela que servent les livres.

J’espère que ces explications vous éclaireront. Je reste ouvert à vos commentaires et disposé à répondre à toutes les questions que cette situation pourraient éveiller en vous.

Nicolas Langelier 
Directeur, Atelier 10 






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Nouveau Projet 16

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