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Trois questions à Alexandre Dostie

Pour Nouveau Projet 17, le poète et réalisateur a assisté à toutes les courses à l’hippodrome de Trois-Rivières.

Trois questions à Alexandre Dostie

 Salut Alexandre. Retourneras-tu aux courses cette année?

C’est clair. J’ai découvert que les courses me calmaient. J’arrive à l’hippodrome pis mon mindset change. Ce sont les chevaux qui sont le centre de l’attention, à la track. C’est pas ce qui se passe dans l’actualité ou la shit dans ta vie ou tes peurs. Les courses, les bêtes, leur nom, tout ça fait rêver. Ça prend toute la place. T’as une journée de cul ou whatever… Tu te ramasses à track, tu te mets sur la fréquence des chevaux, pis là, tout d’un coup t’es un devin.

On dirait que ça ouvre une autre partie de mon cerveau! Pour moi, y’a comme un mélange entre aller se faire tirer aux cartes pis aller à l’église quand je vais aux chevaux. Je demande, j’espère, j’interprète les signes… Pendant une fraction de seconde je vois l’avenir, pis l’avenir est bright en criss!

L’avenir c’est SOS Cupcake, Sultan d’Or, Babidibou qui rentrent un en arrière de l’autre pis tu gagnes 1000$! Okay, ça arrive pas souvent. Mais c’est tellement pas grave! Parce que ça m’a couté deux piasses, parce que pendant ce temps-là j’étais dans l’éther avec une centaine d’autres personnes pis tout ce monde-là pensait juste à ça: des fucking chevaux qui courent. Moi je trouve ça malade!

 

Pourquoi penses-tu que les chevaux inspirent les poètes?

Chaque course est une histoire unique où l’infini des scénarios peut se jouer. La course de chevaux parle de la vie. Pis, de fait, elle résonne de façon spéciale pour chaque personne qui la regarde. Je pense qu’on est tous sensibles à ça. Après, les poètes savent peut-être communiquer ces abstractions mieux que la moyenne des ours. Les gageüres de chevaux, ça reste une affaire de guts pis d’intuition. Je pense que les poètes, les artistes en général, c’est pas mal la seule affaire qu’on a pour nous autres. 

(Aussi, parce qu’il y a du très bon people watching à faire aux courses ;))

 

Te considères-tu comme un gambler?

Oui, dans le sens où la prise de risque c’est ma façon d’opérer, dans la vie. Autrement, j’aurais une job steady, avec une femme, pis des enfants parce que j’aimerais ça en avoir. Je serais certainement pas à inventer des histoires dont pas mal tout le monde se câlisse (même quand ça marche) pour gagner ma vie. Je serais certainement pas à me coucher chaque soir en rêvant à ce qui peut bien avoir de l’autre bord de la montagne. Je me dirais que dans la vie tout s’équivaut pas mal en fin de compte, pis qu’il faut juste profiter… Ce qui au fond n’est surement pas loin de la vérité. Mais il y a toujours cette infinitésimale possibilité que, que, que… J’ai possiblement un problème.

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«Trois saisons aux courses», à lire dans Nouveau Projet 17.

edition.atelier10.ca/nouveau-projet/magazine/nouveau-projet-17/trois-saisons-aux-courses 

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