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Trois questions à Annie Grégoire

Dans Nouveau Projet 19, la gagnante de notre concours de récit de voyage 2021 raconte sa fuite forcée vers le Costa Rica sur fond de troubles politiques au Nicaragua. Elle répond ici à nos trois questions.

 
Trois questions à Annie Grégoire

Salut Annie. Comment ça va, au Nicaragua?

Comme toujours, c’est un peu mouvementé dans mon pays d’accueil. 2021 étant la première année électorale depuis la crise de 2018, il y a beaucoup de changements sur le plan législatif et les débats vont bon train par rapport aux candidats présidentiels qui pourront entrer dans la course. Par contre, nous avons été relativement épargnés par la pandémie, surtout quand on se compare au Québec.

 

On pense généralement aux récits de voyage comme à des textes relatant une expérience d’abord et avant tout touristique. As-tu hésité avant de soumettre le récit de ta fuite au Costa Rica à notre concours?

Non, je n’ai pas hésité. Le Costa Rica étant un pays hautement touristique et très fréquenté par les Québécois·es, j’avais envie de partager certains aspects de la culture, de l’histoire et de la réalité contemporaine du peuple costaricien au-delà des clichés sur les volcans, les plages et la biodiversité. Pour moi, un récit de voyage, c’est d’abord et avant tout le récit de la rencontre de l’Autre. J’ai vécu une véritable rencontre à Longo Mai.

 

Y a-t-il un moment, pendant les mois passés à Longo Mai, où tu t’es sentie en voyage?

Constamment! Certainement pas en vacances, mais en voyage, très certainement. Même si je me suis attachée à la petite maisonnette dans la forêt, je n’ai jamais douté de la nature temporaire de mon séjour. Je ne pouvais m’empêcher d’établir la comparaison avec mes relations nicaraguayennes restées au pays; ma vie à moi était ponctuée de marches en montagnes, de baignades à la rivière, d’escapades à la plage, de nouvelles amitiés. Cette vie à Longo Mai était complètement différente de mon quotidien au Nicaragua. Malgré la nature traumatisante du motif de mon voyage, aujourd’hui, quand je repense à Longo Mai, ce sont les aspects positifs de mon expérience qui me reviennent à l’esprit. Je suis très reconnaissante d’avoir eu l’occasion, pour un temps, de faire partie de ce village.

«Les rivières de l’exil», à lire dans Nouveau Projet 19.

Toutes les entrevues de notre série Trois questions sont disponibles ici.

 
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