Suppléments

Trois questions à Diane Bérard

Pour Nouveau Projet 18, la journaliste de solutions est allée à la rencontre des gens de Lac-Mégantic qui envisagent la fin du capitalisme fossile.

Trois questions à Diane Bérard

Salut Diane. Lac-Mégantic s’est lancé dans le processus de transition socioécologique après avoir encaissé une catastrophe. L’élément déclencheur doit-il toujours être aussi radical?

Un déclencheur fort facilite la mise en mouvement. Il permet d’aller plus vite. C’est le cas pour notre vie citoyenne comme pour notre vie personnelle. Un deuil, une séparation, la maladie sont autant d’évènements qui peuvent mener à des changements radicaux.

Toutefois, les municipalités sont de plus en plus conscientisées à la nécessité et à l’urgence de la transition. Et ce, à travers la pression de certains citoyens. Mais aussi à travers leurs associations, soit l’Union des municipalités du Québec et la Fédération canadienne des municipalités. De plus, les gouvernements accordent des fonds dédiés à la transition, ce qui les incite à agir.

 


Hydro-Québec a accepté de soutenir leur projet de microréseau solaire indépendant, est-ce pour toi le signal que les institutions sont de plus en plus ouvertes à faire de grands changements?

Les institutions sont peuplées d’humains. Au cœur de chacune d’elles se trouvent des agents de changement qui sont de mieux en mieux outillés pour faire passer leur message à leurs collègues et aux dirigeants. Leur tâche n’est pas facile pour autant. Au fil de ma carrière, plusieurs d’entre eux m’ont confié leurs moments de découragements et leur solitude.
L’autre facteur qui fait bouger les institutions, c’est le recrutement. Les nouveaux employés ont des attentes élevées face à leur travail, qu’ils veulent porteur de sens. Ceci incite les institutions à réfléchir à leur contribution à la société et à ses enjeux contemporains.

 


As-tu eu des nouvelles du projet depuis la rédaction du reportage? Comment avancent les choses?

Oui, le projet avance.

Les 1700 panneaux solaires sont installés sur le toit du centre sportif. La mise en service est prévue pour la fin octobre. Les panneaux solaires sont aussi installés et déjà en fonction sur les trois autres bâtiments prévus, soit ceux du Concerto, de Service Canada et de la MRC. L’énergie solaire qu’ils produisent est déduite de la facture mensuelle des bâtiments. L’équipement de stockage est prêt, de même que le poste de distribution abritant les équipements qui transforment l’énergie pour la distribuer dans le microréseau du centre-ville.

De plus, une communauté de pratique autour du microréseau a vu le jour, pour que tous les acteurs du projet (Hydro-Québec, ingénieurs, commerçants, citoyens, etc.) se rencontrent et partagent leurs expériences et leurs connaissances. Première étape: des entrevues avec les commerçants et les gestionnaires de bâtiments pour évaluer leur niveau de connaissances. On prévoit, entre autres, une formation relative à l’utilisation de panneaux solaires.

Plus largement, la commission Innovation et transition écologique a vu le jour en juillet dernier pour faire le lien entre les actions des citoyens et celles de la ville autour de la transition socioécologique plus large. Elle sert à formaliser la contribution citoyenne, à éviter les dédoublements et à assurer une cohérence. La commission compte neuf citoyens, deux élus et deux employés de la municipalité et se réunit une fois par mois. En octobre, elle se penchera sur la gestion des déchets et envisage de mettre sur pied une offensive de sensibilisation en faveur de la réduction des rebuts et d’un meilleur tri.

 

«Se relever de la fin du monde», à lire dans Nouveau Projet 18.

edition.atelier10.ca/nouveau-projet/magazine/nouveau-projet-18/lac-megantic-se-relever-de-la-fin-du-monde

Partager
Numéro courant
Nouveau Projet 18

Catégories

Afficher tout +