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Trois questions à Jean-Philippe Baril Guérard

Pour Nouveau Projet 17, l’auteur, metteur en scène et comédien a tenté d’obtenir sa part de l’industrie de l’humour en montant un premier numéro.

Trois questions à Jean-Philippe Baril Guérard

Salut Jean-Philippe. À quel point est-il possible d’apprendre à être drôle?

C’est pas mal plus technique qu’on pense. Oui, certaines personnes l’ont naturellement, et il y a une part indéniable de talent qui permet de distinguer les bons humoristes des grands, mais je crois aussi qu’il y a énormément de choses qu’on peut apprendre pour devenir efficace sur scène. C’est d’ailleurs pourquoi c’est aussi important pour les humoristes de se roder et de fréquenter les soirées d’humour: le standup, c’est un muscle. Apprendre à écouter le public, travailler la mécanique d’une blague, comprendre comment un phrasé efficace peut faire la différence entre un rire et un malaise, ce sont toutes des capacités qui se développent et se raffinent. Mais surtout, ce qu’il faut, c’est être en phase avec les préoccupations du public: qu’est-ce qui habite son esprit? Qu’est-ce qui l'irrite, dans la vie de tous les jours? Quels sont les tabous qu’il n’ose pas aborder? Quelles portes veut-il voir défoncées? L’humoriste sert souvent de soupape au public, alors c’est nécessaire pour lui d’être branché sur ce qui anime la société.

 

Pourquoi, selon toi, le Québec aime-t-il tant rire?

Je n’ai pas trouvé de réponse claire à cette question, mais je crois qu’on a l’impression que l’humour est un trait culturel des Québécois simplement parce que l’industrie de l’humour est très vivante ici. Mais tout le monde aime rire, partout dans le monde, et depuis toujours. C’est plutôt le comment qui diffère, et qui est pour moi super intéressant. Et au Québec, le rayonnement de l’humour comme produit culturel est largement tributaire de la vivacité de l’École nationale de l’humour, qui a été la première école du genre au monde, et de l’hégémonie de Juste pour rire, qui a longtemps occupé presque tout le milieu ici et ailleurs, et qui a grandement contribué à le faire rayonner.

 

As-tu rejoué ton numéro depuis la première fois au Terminal?

Une seule fois. Et d’ailleurs, tous les intervenants de l’article m’ont dit que c’est super important de roder un numéro plusieurs fois pour connaitre la vraie expérience des soirées d’humour: un numéro, même très bon, ne connaitra jamais le même succès de soir en soir.

 

«Comicocratie: comment j’ai tenté d’obtenir ma part de l’industrie culturelle la plus lucrative du Québec», à lire dans Nouveau Projet 17

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