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Trois questions à Marc Séguin

Dans «La défaite des idées», son essai paru dans Nouveau Projet 19, lartiste et auteur Marc Séguin propose que nous cessions un peu de théoriser le monde pour mieux lhabiter. Il répond ici à nos trois questions.

Trois questions à Marc Séguin

Salut Marc. Comment vis-tu avec le fait que «La défaite des idées» est, au fond, une idée de plus?

On doit parfois combattre le feu par le feu! Que faites-vous de toutes les publications d’Atelier 10 auxquelles je n’ai pas participé; de toutes les fois où vous ne m’avez pas sollicité et où je ne vous ai pas proposé d’idées? Et encore, c’est sans compter toutes les fois où j’avais des idées mais où je les ai gardées pour moi. Avais-je davantage raison de garder le silence? Je suis tenté de répondre que oui, parce qu’occupé à faire des milliers de choses ailleurs que dans ma tête et qui fonctionnent sans réfléchir… Je souris grand comme le ciel ici!

 

À ton avis, pourquoi est-il plus facile pour les humains de s’entendre quand ils font quelque chose ensemble que quand ils discutent de quelque chose ensemble?

Cette question résume le monde. C’est la très fine différence entre une recette dans un livre et un vrai gâteau. Discuter relève souvent du fantasme. Ceci étant dit, c’est tout aussi merveilleux, mais un peu moins sensuel que la vraie patente.

 

Que recommandes-tu à celles et ceux qui voudraient se sevrer de leur dépendance aux idées? On prend tous les trucs.

Je leur suggère d’aller faire du bénévolat social au ras des jours ou de sourire à un étranger. Il est souvent heureux d’anesthésier ses ambitions en sortant de soi. Et on finit par mieux penser, quand on mesure plus justement sa grandeur! 

 

«La défaite des idées», à lire dans Nouveau Projet 19

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Nouveau Projet 20

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